Par Marc-André Gagnon
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À la lumière des propos tenus par Gilles Duceppe, mercredi dernier, ce qui semblait clair, c'est que le Bloc Québécois n'était alors pas vraiment intéressé à porter l'odieux de plonger le pays à nouveau en élections pendant que ceux qui en veulent vraiment sont une espèce rare. Alors qu'au moment de mettre sous presse, il ne nous était pas possible de savoir si des élections avaient pu être déclenchées ou non, le chef du Bloc Québécois a laissé entendre qu'il était persuadé qu'un nouveau scrutin serait très bientôt inévitable.
« J'ai la conviction que c'est ce qui va se passer [des élections] parce que M. Harper est quelqu'un d'inflexible qui ne veut jamais réaliser qu'il est minoritaire, qui ne veut pas de compromis et que M. Ignatieff s'est tellement avancé qu'il ne peut pas reculer. Mais je vous dirai que pour nous, les propositions sont sur la table, c'est très clair », a indiqué M. Duceppe.
« Quand je regarde des conservateurs, comme le député, là, ici, Jacques Gourde, qui votent contre le français langue de travail dans les banques, […] qui votent pour transférer les valeurs mobilières de Montréal à Toronto, qui sont d'accord pour donner des milliards à l'automobile mais pas à la forêt… Comment, comme Québécois, pouvons nous être si peu fiers de ce que nous sommes pour plier devant une majorité canadienne, tout ça pour faire plaisir au chef en place », a déclaré le chef bloquiste.
Pour une politique maritime
Sur l'enjeu local qu'est celui du chantier maritime, Gilles Duceppe se dit bien d'accord à ce que son parti travaille à faire en sorte que la Davie, à Lévis, obtienne sa part des contrats de construction de navires promis par le fédéral, une manne en lien étroit avec la souveraineté du Nord canadien. En ce sens, le chef du Bloc Québécois remet surtout en question l'approche actuelle du développement de l'Arctique. Pour le chef du Bloc Québécois, le fédéral se trompe en déployant, au premier plan, ses énergies sur la construction de navires de guerre. « Il faut d'abord développer une politique maritime », croit M. Duceppe. « [Construire des navires,] il faut le faire, mais ne pas faire n'importe quoi, estime Gilles Duceppe. Parce que si on construit des frégates, si on aborde la question de l'Arctique uniquement sur l'angle militaire... […] Des brise-glaces, je veux bien, mais que l'on développe l'Arctique d'une autre façon, en tirant les leçons du développement de l'Antarctique, où tous les pays ont dit : voici une zone qui sera considérée comme zone internationale », a clos M. Duceppe à ce sujet.